Quelques jours dans un hôtel, un week-end en famille, des activités avec les enfants ou un séjour pour profiter autrement de la Guadeloupe… Les vacances représentent vite un budget conséquent. Lorsque l’épargne disponible ne suffit pas, la tentation peut être grande de financer le projet avec un nouveau prêt personnel.
Après tout, un prêt personnel peut légalement servir à financer un voyage et son utilisation est libre. Il s’agit cependant d’un nouveau crédit, avec de nouvelles mensualités, des intérêts et éventuellement des frais ou une assurance. (service-public.gouv.fr)
Pour un ménage qui rembourse déjà plusieurs prêts, ajouter une nouvelle échéance n’est donc pas forcément la meilleure solution. Dans certaines situations, étudier un regroupement de crédits peut être plus cohérent pour le budget. Mais attention : cela ne signifie ni voyage gratuit, ni économie garantie.
Le prêt conso : simple pour financer un voyage, mais une mensualité de plus
Le prêt personnel est probablement la solution la plus facile à comprendre. Vous empruntez une somme déterminée, par exemple 3 000€, 5 000€ ou 8 000€, puis vous la remboursez chaque mois avec des intérêts.
Le montant d’un prêt personnel peut être compris entre 200€ et 75 000€, pour une durée supérieure à trois mois. Le prêteur fixe son taux dans la limite du taux d’usure et doit communiquer le TAEG, qui permet notamment de prendre en compte les intérêts et différents frais liés au financement. (service-public.gouv.fr)
Pour quelqu’un qui ne rembourse aucun autre crédit et dispose d’une capacité financière suffisante, cette solution peut être relativement lisible : un projet, un financement, une mensualité.
La situation change lorsque le foyer rembourse déjà une voiture, un prêt personnel ou plusieurs crédits renouvelables. Le nouveau prêt destiné au voyage vient alors simplement s’ajouter aux prélèvements existants.
Trois crédits + un prêt vacances : attention à l’empilement
Prenons un exemple fictif.
Un foyer rembourse actuellement 280€ pour son crédit automobile, 210€ pour un prêt personnel et 120€ pour un crédit renouvelable. Les remboursements représentent donc déjà 610€ chaque mois.
S’il souscrit un nouveau prêt pour son voyage avec une échéance de 170€, sa charge de crédit atteint désormais 780€/mois.
Le voyage est financé, mais le budget des mois suivants est plus serré. Il faut toujours payer les courses, le carburant, l’énergie, les assurances et toutes les autres dépenses du foyer.
C’est précisément dans ce type de situation qu’il peut être pertinent de comparer l’ajout d’un quatrième crédit avec une réorganisation plus globale des financements existants.
Le regroupement de crédits change la logique
Le regroupement de crédits consiste à réunir dans un nouveau contrat au moins deux crédits, ou un crédit et une autre dette, en cours de remboursement. Le nouveau prêteur rembourse les créanciers concernés et une nouvelle mensualité remplace ensuite les anciennes échéances. (abe-infoservice.fr)
L’objectif recherché est généralement de réduire la somme payée chaque mois, principalement grâce à une durée de remboursement plus longue.
Dans certaines opérations, et lorsque la situation de l’emprunteur le permet, une trésorerie supplémentaire peut également être intégrée au nouveau financement pour répondre à un projet déterminé.
Cette somme reste évidemment empruntée. Elle devra être remboursée avec les intérêts et les éventuels frais du nouveau crédit.
Le regroupement ne « paie » donc pas vos vacances. Il peut simplement éviter, dans certains dossiers, d’empiler encore une mensualité supplémentaire sur plusieurs crédits existants.
Prêt conso ou regroupement : quelle différence pour le budget ?
| Nouveau prêt conso | Regroupement de crédits | |
|---|---|---|
| Crédits existants | Restent inchangés | Peuvent être regroupés |
| Projet de voyage | Nouveau crédit dédié ou prêt personnel | Trésorerie possible selon l’opération |
| Mensualités | Une échéance supplémentaire | Une mensualité globale |
| Durée | Propre au nouveau prêt | Souvent rallongée |
| Coût total | Coût du nouveau crédit ajouté aux anciens | Peut augmenter avec l’allongement |
| Intérêt principal | Solution simple si le budget est peu endetté | Réorganiser plusieurs remboursements |
On comprend donc pourquoi le regroupement peut paraître plus « malin » lorsqu’un ménage possède déjà plusieurs crédits.
Mais il ne l’est pas automatiquement.
Exemple : ajouter 180€ ou restructurer son budget ?
Imaginons que notre foyer rembourse déjà 610€/mois et souhaite disposer de 4 000€ pour un projet de vacances.
Avec un nouveau prêt personnel, imaginons une mensualité supplémentaire de 180€. Les crédits représentent alors 790€/mois.
Dans une autre hypothèse, une étude de regroupement pourrait permettre d’intégrer les crédits existants et, si le prêteur l’accepte, le besoin supplémentaire dans une nouvelle opération dont la mensualité serait adaptée au budget.
Le foyer pourrait alors éviter de faire passer ses remboursements de 610€ à 790€.
Mais la nouvelle mensualité plus faible serait généralement obtenue en étalant davantage les remboursements. Au lieu de terminer certains crédits dans quelques années, le ménage pourrait donc rester endetté plus longtemps.
L’exemple montre pourquoi il ne faut jamais comparer uniquement 610€, 790€ et la nouvelle mensualité proposée.
Il faut aussi regarder le nombre d’années de remboursement et le montant total payé.
Une mensualité plus faible peut signifier un crédit plus cher
C’est la principale contrepartie du regroupement de crédits.
L’ABE Infoservice rappelle clairement qu’une mensualité plus basse est souvent liée à un allongement de la durée d’emprunt, susceptible d’augmenter le coût total. Frais de dossier, assurance emprunteur ou éventuelle garantie doivent également être pris en compte. (abe-infoservice.fr)
La DGCCRF a elle aussi relevé des communications commerciales comparant les mensualités avant et après regroupement sans suffisamment mettre en avant le coût total de l’endettement. Or cette donnée est essentielle pour prendre une décision éclairée. (economie.gouv.fr)
Une mensualité passant de 800€ à 550€ est agréable pour le budget mensuel. Mais si elle doit être payée beaucoup plus longtemps, le financement peut finalement coûter davantage.
Alors, pourquoi éviter d’ajouter systématiquement un prêt conso ?
Parce que l’empilement des financements peut devenir progressivement difficile à gérer.
Un premier prêt sert à acheter la voiture, un deuxième finance des travaux, puis un crédit renouvelable absorbe quelques dépenses imprévues. Lorsque les vacances arrivent, un quatrième financement est ajouté.
Chaque mensualité prise séparément semble parfois raisonnable. C’est leur cumul qui finit par peser.
Avant de souscrire un nouveau prêt pour un projet non indispensable, il est donc utile de regarder l’ensemble des crédits déjà présents.
Si votre budget supporte facilement une nouvelle mensualité et que vos autres prêts arrivent bientôt à leur terme, un regroupement n’a pas forcément d’intérêt.
Si vous remboursez déjà plusieurs crédits pendant encore plusieurs années et que votre reste à vivre est limité, la question mérite davantage d’être étudiée.
Un voyage doit rester compatible avec votre budget au retour
C’est probablement le point le plus important.
Les vacances durent quelques jours ou quelques semaines. Le financement peut, lui, continuer pendant plusieurs années.
Un voyage à 4 000€ financé sur une longue durée peut donc encore être remboursé lorsque les vacances suivantes arriveront.
Avant d’emprunter, demandez-vous si une partie du projet peut être financée par de l’épargne, si certaines dépenses peuvent être réduites ou si le départ peut être reporté de quelques mois afin de constituer une enveloppe.
Emprunter n’est pas nécessairement problématique lorsque le remboursement reste parfaitement compatible avec les ressources. Mais un séjour ne devrait pas transformer les mois qui suivent en période de restrictions financières.
Attention à la trésorerie intégrée au rachat de crédits
La possibilité d’ajouter une trésorerie au regroupement peut être séduisante : vous réorganisez vos crédits et disposez en même temps d’une somme pour votre projet.
Il faut pourtant la considérer exactement comme le reste du financement.
Si vous ajoutez 5 000€, vous devrez rembourser ces 5 000€, ainsi que les intérêts et éventuels coûts associés sur la durée prévue.
Une trésorerie n’est donc pas une « enveloppe offerte » par l’organisme financier. Elle augmente le capital financé.
Pour un voyage, mieux vaut également éviter de demander une somme beaucoup plus importante que le véritable budget du projet sous prétexte de conserver « un peu d’argent à côté ». Plus vous empruntez, plus vous aurez à rembourser.
Le prêt personnel conserve des avantages dans certaines situations
Le titre de cet article pose la question du regroupement comme solution potentiellement plus intelligente qu’un prêt conso, mais soyons clairs : ce n’est pas toujours le cas.
Une personne disposant d’un budget équilibré et de très peu de crédits peut préférer financer un projet précis avec un petit prêt personnel sur une durée courte.
Le contrat est alors séparé des autres financements et l’emprunteur connaît le montant, la durée, le TAEG et le coût total de cette opération.
Le prêteur doit d’ailleurs vérifier la capacité financière du demandeur à rembourser et fournir les informations précontractuelles permettant d’évaluer le financement. Un délai légal de rétractation de 14 jours calendaires existe également après la signature de l’offre. (service-public.gouv.fr)
Regrouper des crédits qui fonctionnent parfaitement uniquement pour financer un voyage n’aurait donc pas nécessairement de sens.
Le regroupement devient surtout intéressant quand le problème existait avant le voyage
C’est probablement le meilleur moyen de faire la distinction.
Si votre budget était parfaitement équilibré avant de penser aux vacances, le sujet est principalement : puis-je raisonnablement financer ce projet ?
Si votre budget était déjà tendu, que plusieurs crédits s’accumulaient et que les fins de mois étaient compliquées, ajouter un nouveau prêt risque simplement d’accentuer le problème.
Dans cette deuxième situation, étudier un regroupement peut permettre de savoir s’il est possible de réorganiser les crédits existants et de retrouver une mensualité plus adaptée aux revenus.
Le voyage ne devrait alors pas être la raison principale de l’opération. La priorité reste de retrouver un budget durablement équilibré.
Que comparer avant de choisir ?
Avant de signer un prêt personnel ou une offre de regroupement, prenez le temps de regarder le TAEG, la durée, la mensualité et surtout le montant total dû.
Pour un regroupement, comparez également ce que vous auriez payé en conservant vos crédits actuels avec le coût du nouveau financement. Le prêteur doit d’ailleurs fournir des informations permettant d’évaluer le bilan économique de l’opération. (abe-infoservice.fr)
Ce calcul permet de répondre à une question simple : combien me coûte réellement la réduction de mes mensualités ?
Il est ensuite possible de déterminer si cette contrepartie est acceptable au regard de la marge obtenue chaque mois.
Le plus malin reste parfois… d’épargner avant de partir
Un crédit ne devrait pas devenir le réflexe automatique pour financer chaque projet.
Si votre voyage est prévu dans six mois et que vous pouvez mettre 250€ de côté chaque mois, vous aurez déjà constitué 1 500€ d’épargne avant le départ.
Avec 400€ par mois, ce sont 2 400€.
Même lorsque cette somme ne couvre pas l’intégralité du voyage, elle réduit le montant qu’il pourrait éventuellement être nécessaire de financer.
Et moins vous empruntez, moins vous payez d’intérêts.
Cette stratégie peut aussi être combinée avec une réflexion plus globale sur les crédits existants lorsque ceux-ci prennent déjà trop de place dans le budget.
Rachat ou prêt conso : choisissez selon votre situation, pas selon vos vacances
Le regroupement de crédits peut être plus adapté qu’un nouveau prêt personnel lorsque vous remboursez déjà plusieurs financements et que l’ajout d’une nouvelle mensualité déséquilibrerait le foyer.
Il permet éventuellement de réunir les crédits et de diminuer la charge mensuelle, avec la possibilité, dans certains dossiers, d’intégrer une trésorerie destinée à un projet.
Mais cette souplesse a une contrepartie : l’allongement de la durée peut rendre le nouveau financement plus coûteux.
À l’inverse, si vous avez peu de dettes, un budget solide et uniquement besoin de financer une partie limitée de votre séjour, restructurer l’ensemble de vos crédits n’est pas forcément justifié.
Avant de réserver billets, hébergement ou activités, commencez donc par regarder votre situation financière dans son ensemble.
Parce que le meilleur financement pour des vacances n’est pas celui qui vous permet simplement de partir.
C’est celui qui vous permet également de rentrer sans avoir fragilisé votre budget pour les années suivantes.


